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Critique du film : Jumanji [1996], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le dimanche 28 août 2022 à 09h00

The Most Dangerous Game

Il existe des divertissements familiaux générationnels qui fonctionnent comme des madeleine de Proust et qui nous ravissent à chaque fois qu'on les voit pour des raisons qui vont souvent au-delà de la qualité du film. Un sentiment que partagent beaucoup de personnes nées dans les années 1980 devant Jumanji.

A la base il existe le livre Jumanji écrit par l'Américain Chris Van Allsburg et publié en 1971. Les droits du livre furent ensuite achetés par un producteur lié à Sony offrant à Van Allsburg le soin de proposer un scénario. Un scénario qui eut du mal à convaincre le nombre important d'acteurs de premier plan contactés (dont Tom Hanks et Bruce Willis pour ne citer qu'eux) pour incarner le personnage principal. Robin Williams se montra néanmoins intéressé à condition d'une réécriture du scénario, qui sous la houlette de Jonathan Hensleigh (Les Aventures du Jeune Indiana Jones, Die Hard 3...) s'éloigna largement du matériau d'origine. Un script qui tient la route et une tête d'affiche rentable poussèrent la TrisTar à lancer la production confiée à Joe Johnston. Le choix du réalisateur américain apparaît comme logique car Jumanji s'annonçait comme étant très riche en effets spéciaux, un domaine que maîtrise Johnston pour avoir contribué aux effets de la première trilogie Star Wars ainsi que les deux premiers Indiana Jones. Il a par ailleurs réalisé d'autres divertissements familiaux très portés sur les effets comme l'excellent Chérie, j'ai rétreci les gosses (1989) ou le mal-aimé (à sa sortie) Rocketeer (1991). Après une production sans histoire autour de prises de vue aux Etats-Unis et au Canada avec des effets spéciaux mélangeant créatures animatroniques et en images de synthèse (Jurassic Park étant passé par là...), le film sort entre 1995 et 1996 dans le monde distribué par Sony. Un succès mondial rapportant 265 millions de dollars soit 200 millions de plus que sa mise initiale...

Le film débute en 1969 alors que le jeune Alan Parrish (Adam Hann-Byrd), fils du premier employeur de la ville (qui en fait donc sa prospérité) est la cible d'une bande d'adolescents. Après un passage à tabac, il découvre un étrange jeu de plateau qu'il ramène chez lui. Le soir, il se dispute violemment avec son père (Jonathan Hyde) et se prépare à fuguer. C'est à ce moment que son amie Sarah White (Laura Bell Bundy) lui rend visite. Ils décident de jouer à cet étrange jeu mais la partie tourne vite à la catastrophe : Alan est aspiré par le jeu tandis que Sarah doit fuir une horde de chauve-souris belliqueuses. 26 ans plus tard, une femme (Bebe Neuwirth) s'installe dans la demeure des Parrish, alors abandonnée, avec sa nièce Judy (Kirsten Dunst) et son neveu Peter (Bradley Pierce) récemment devenus orphelins. Les deux enfants découvrent la boite de jeu Jumanji au grenier et décident de commencer une partie. Ils sont bientôt attaqués par des moustiques géants ainsi qu'un lion tout en voyant débarquer un Alan adulte (Robin Williams) très confus. Le trio comprend qu'ils doivent absolument terminer la partie de Jumanji pour que tout rentre dans l'ordre car la ville est attaquée par les animaux géants libérés par le jeu. Pour cela, ils vont devoir retrouver la trace de Sarah (Bonnie Hunt) considérée comme folle depuis la disparition d'Alan en 1969.

Le scénario de Jumanji est plutôt bien travaillé pour un divertissement familial via une structure en trois actes à savoir le long prologue en 1969, le gros du film se passant dans le présent et son épilogue assez surprenant. Le prologue pose magnifiquement les enjeux du film à travers la relation compliquée entre Alan et son père puis l'amitié contrariée entre Alan et Sarah expliquant leurs dynamiques dans le présent. La partie de Jumanji apparaît aussi comme une sorte d’échappatoire via une grande aventure imaginaire pour Alan, Judy, Peter et Sarah adulte qui se sentent un peu isolés dans un monde avec lequel ils ont du mal à communiquer. Le merveilleux envahit ainsi leur réalité se révélant aussi fantastique que dangereux. Cela est génialement mis en scène dans le film via l'idée d'avoir confié au même acteur, Jonhatan Hyde, le rôle du père d'Alan comme du chasseur qui le traque pendant la partie comme le souvenir de la dispute fatidique entre le héros et son paternel. Les thèmes du rapport au père compliqué, de l'isolement social et de la solidarité malgré tout n'envahissent pas le film mais sont intégrés intelligemment en filigrane pour donner un peu plus de profondeur à ce divertissement.

Et un excellent divertissement ! Le scénario repose sur l'idée géniale de mettre en scène ses péripéties puisque chaque lancé de dés des héros entraîne des conséquences inattendues. Cela provoque donc une délicieuse attente chez les spectateurs qui attendent impatiemment le prochain lancé de dés. Le film dure environ 1h45 mais il passe à grande vitesse tant on est captivé et grandement diverti avec ce mélange génial d'aventure (ce que vivent les héros), d'inquiétant (les créatures libérées par le jeu sont très dangereuses) et surtout d'humour très efficace à commencer par les mimiques de Robin Williams, les nombreux gags visuels sans oublier le personnage du policier (David Alan Grier) complètement dépassé par les événements. On rigole beaucoup, on frissonne juste ce qu'il faut et on est emporté par ce souffle épique d'aventure qui maltraite une ville américaine bien tranquille dans un spectacle très bien rythmé que toute la famille peut apprécier. Il faudra néanmoins mettre son esprit logique de côté tant le film ne répond à aucune question entourant le jeu et que l'épilogue impose des conséquences qu'il faut mieux accepter sans sourciller.

Au delà d'être un film d'aventure comique, Jumanji est un film fantastique avec l'apparition du merveilleux dans le quotidien. Ce jeu magique qui impose aux joueurs de terminer leur partie fait intervenir des animaux exotiques à la taille disproportionnée devenant des menaces pour les héros. Le quatuor de joueurs devra lutter contre des moustiques géants, un énorme lion, un troupeau d'éléphants, des singes agissant comme des agents du chaos, des plantes carnivores, un chasseur façon XIXème siècle et d'autres surprises qu'on vous laisse découvrir. Cela fonctionne très bien car chaque créature/événement particulier est lié à un lancé de dés donnant un excellent rythme au film. Il est aussi assez passionnant de voir les héros, ainsi que la ville, en proie face au chaos engendrés par les différentes créatures. Pour rendre crédible cette « invasion », il fallait évidemment une production solide et des effets spéciaux qui fonctionnent. La destruction progressive de la demeure des Parrish fonctionne bien ainsi que les différentes créatures en animatroniques et autres techniques réalisées sur le plateau. Pour ce qui est de celles réalisées en images de synthèses, les singes en tête, il faut avouer qu'elle ont logiquement pris un petit coup de vieux même si rien de bien choquant lorsqu'on est pris par le film. Bref, les différents moments de bravoure du film sont rehaussés par d'excellents effets.

Autre élément qui a pris son coup de vieux, il s'agit de la mise en scène de Joe Johnston qui livre ici un certain académisme mais à sa décharge, il avait un film compliqué à proposer. Les différents éléments fantastiques, l'utilisation de créatures en images de synthèse à une époque où c'était loin d'être la norme, la destruction progressive des décors et les envies d'improvisation de Robin Williams ont été gérées de main de maître. Une mise en scène efficace mais peu remarquable qui a du mal à ne pas faire son âge aujourd'hui. Pour ce qui est des comédiens, le film repose évidemment sur les épaules de Robin Williams (Popeye, Hook,...) alors au sommet de son art même s'il s'avère ici aussi sobre qu'explosif afin de bien exploiter le côté déboussolé de son personnage. En face de lui, Bonnie Hunt (Rain Man, Beethoven...) offre un excellent contrepoint avec un personnage d'abord excessif puis plus posé. A leurs côtés, les enfants acteurs Kirsten Dunst (Entretien avec un Vampire, Les Quatre Filles du Docteur March...) et Bradley Pierce s'avèrent assez convaincant notamment le second dont le personnage subit une drôle de transformation dans la seconde partie du film.

La conclusion de à propos du Film : Jumanji [1996]

Auteur Bastien L.
79

Grand classique du cinéma de divertissement au doux parfum des années 1990, Jumanji est un spectacle très bien rythmé avec plus de profondeur qu'il n'y paraît. Une œuvre où se mélange l'aventure, l'humour et l'inquiétant étant adaptée à toute la famille et qu'on prend plaisir à faire découvrir aux nouvelles générations. Un film qui accuse un peu son âge (effets spéciaux, mise en scène, interprétations...) mais qui fonctionne parfaitement comme film-doudou toujours efficace.

On a aimé

  • Un divertissement efficace
  • La qualité de la production
  • Un scénario plus profond qu'il n'y parait
     

On a moins bien aimé

  • Certains effets comme la mise en scène ont vieilli
  • Des facilités scénaristiques
  • L'humour parfois frocé
     

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