Critique Sacred Citadel [2013]

Avis critique rédigé par Bastien L. le dimanche 30 novembre 2025 à 09h00

Hack them all

Critique de la version PS3

Entre le hack'n'slash et le beat'em all, il n'y a parfois qu'un pas à franchir. C'est ce qu'a tenté de prouver Sacred Citadel en 2013.

Ce projet nous replonge dans une des modes de la génération Xbox 360 & PS3 allant de pair avec la démocratisation du marché dématérialisé : les petits jeux accompagnant les sorties d'épisodes importants de grosses licences. Une époque où les gros éditeurs n'hésitaient à financer des titres plus modestes qui oscillent ainsi autant entre l'expérience différente d'une licence connue et un projet marketing sous forme de grosse publicité jouable. Une époque qui a vu naître des titres tels que Dead Space : Ignition (accompagnant Dead Space 2), Red Faction Battlegrounds (accompagnant Red Faction : Armageddon) ou encore Bionic Commando Rearmed (accompagnant Bionic Commando). L'éditeur Deep Silver s'est donc laissé aller à l'expérience avec la licence Sacred après un second épisode paru en 2008-2009 développé par les Allemands de Ascaron dont ce fut le dernier jeu. Sacred 3 vit néanmoins le jour en 2014 mais fut précédé près d'un an avant par Sacred Citadel un peu censé faire patienter les joueurs. Un projet confié aux Suédois de Southend Interactive, petit studio surtout spécialisé dans les portages et productions dématérialisée pour de gros studios telles que Ilomilo en 2010. Et comme la licence Sacred porte un peu la poisse, Sacred Citadel fut le dernier jeu de ce studio après sa sortie sur PC, Xbox 360 et PS3 en avril 2013. Dans un anonymat assez complet, il faut l'avouer.

Le jeu se déroule dans l'univers d'héroïc-fantasy de Ancaria alors que l'Empire Ashen tente de détruire la citadelle imprenable des Seraphims (comprendre les Elfes) qui y vivent recluses s'y pensant intouchables. L'Empire Ashen a créé un monstre sans pitié le Destructeur qui n'arrive pourtant pas à détruire les portes de la citadelle. Il va devoir mettre la main sur deux artefacts capables de lui donner une puissance infinie. Est envoyé dans cette mission une armée de Grimmoks (comprendre les orcs) qui va toutefois attaquer un village où se reposent des héros (un guerrier, une enchanteresse, un voleur et une chamane) qui vont se retrouver impliqués dans cet affrontement pour le destin du monde.

Si on additionne le genre du beat'em all avec la licence Sacred alors il ne faut pas s'attendre à du grand scénario. Et effectivement, il a surtout le mérite d'exister avec comme principal défaut l'intégration au chausse-pied des héros qui semblent arriver comme un cheveux sur la soupe d'une histoire qui semble pouvoir se passer d'eux. On sent que Sacred Citadel se veut une préquelle des événements que l'on va vivre dans Sacred 3 à savoir la guerre entre l'Empire Ashen et les Seraphims. Donc nos héros sont baladés dans différents environnements surtout pour découper tout ce qu'ils croisent en prenant part à la quête des artefacts puis à la guerre contre le Destructeur. L'histoire raconte un des grands poncifs de la fantasy à savoir un peuple autrefois très puissant qui se détourne des affaires du monde avant qu'une menace implacable ne le rappelle à l'ordre. Tout cela est conté dans une narration souvent grandiloquente mais aussi ironique avec un second degré affirmé. C'est efficace sans plus mais on savait qu'on ne devait pas s'attendre à grand chose...

C'est plus au niveau de sa direction artistique que Sacred Citadel surprend. La licence était effectivement aussi classique que solide à ce niveau pour représenter son univers de fantasy. Ici, les inspirations sont plus tournées vers le monde des comics américains (on pense fortement à Joe Madureira) dont le character design tandis que la coloration est proche des tons de l'animation occidentale des années 1990. Il faut avouer que le pari était risqué et que ça n'a pas dû plaire à tout le monde mais cela tient la route et s'avère toujours agréable à l'oeil. On aurait peut-être préféré que les développeurs assument complètement avec une vraie 2D au lieu de cette 2,5 D. Néanmoins, les décors variés entre marais, villages, montages ou mines fonctionnent bien. C'est coloré tout en étant toujours très fluide techniquement offrant un écrin satisfaisant pour un défouloir. L'environnement sonore est aussi solide avec des voix anglaises convaincantes mais surtout une musique toujours satisfaisante venant de l'expérimenté Inon Zur.

La licence Sacred quitte donc ici le hack'n'slah pour le beat'em all passant ainsi de Diablo à Golden Axe pour caricaturer. Vous avez donc le choix entre quatre combattants aux styles et caractéristiques différentes que vous allez balader de niveaux en niveaux durant 4 actes avec une formule toujours similaire : se déplacer en 2D de la gauche vers la droite en éliminant tous les ennemis et autres boss. Tout cela à l'aide d'armes blanches plus ou moins puissantes mais aussi de sorts notamment pour l'Enchanteresse et la Chamane. On gagne aussi de l'expérience lors des combats permettant ainsi d'améliorer son personnage en attaque, en défense, en dextérité comme en énergie qui est en lien avec notre pouvoir spécial divisé en trois parties plus ou moins dévastatrices. Entre chaque niveau, on aura l'occasion d'aller dans un village pour acheter des potions de soin, de rage ou de recharges de pouvoir spécial (on peut en porter trois de chaque maximum). Mais aussi acheter de nouvelles armes et armures comme améliorer ce qu'on a récupéré sur les ennemis. Certaines mécaniques de jeu de rôle propres au hack'n'slash s'intègrent donc bien à ce beat'em all qui n'oublie donc pas ses racines.

Au niveau du gameplay, on a affaire à du très classique à savoir des combos simples et accessibles pour un plaisir immédiat. Les combos sont basés sur deux touches avec des variantes selon où l'on pointe le joystick alternant attaque normale et attaque puissante. Cela permet de varier les plaisirs selon les ennemis que l'on aime faire valdinguer avec une certaine classe. Et comme le jeu est globalement accessible au niveau de sa difficulté (si ce n'est le boss final un peu plus technique) on s'amure beaucoup pendant les 5 à 6 heures que nous propose le titre. Notamment en multijoueur local où l'on retrouve les plaisirs simples de titres comme Golden Axe ou Streets of Rage. Les grands beat'em all d'antant dont Sacred Citadel est un hommage respectueux qui ne va pour autant jamais au-delà que cette révérence. Les amateurs du genre y trouveront ce qu'ils aiment sans néanmoins y voir quelque chose de neuf, d'innovant capable de leur faire oublier les classiques. Le titre est amusant, toujours plaisant mais il n'arrive pas à être autre chose qu'un bon élève appliqué. Ainsi, la rejouabilité est assez faible ne nous poussant pas vraiment à essayer tous les personnages et les amateurs de challenge un peu plus velu seront assez déçus...

On vous le conseille si vous aimez Sacred, Golden Axe, Dungeons & Dragons: Chronicles of Mystara...

La conclusion de à propos du Jeu Vidéo : Sacred Citadel [2013]

Auteur Bastien L.
72

Sacred Citadel est un défouloir honnête en forme d'hommage aux beat'em all des années 1990 sans jamais ignorer son origine venant du hack'n'slash avec un aspect RPG sympathique. On retiendra aussi sa direction artistique colorée et sa musique agréable. On s'y amuse vraiment en coopération en sachant que le titre n'a rien de vraiment exceptionnel et reste une production de seconde zone.

On a aimé

  • Un bon défouloir surtout à plusieurs
  • La direction artistique comme les musiques
  • L'aspect RPG

On a moins bien aimé

  • Répétitif
  • Un scénario à oublier
  • Un hommage un poil trop sage

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