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Critique du film : Zack Snyder Justice League #1 [2021], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 23 mars 2021 à 12h00

Justice League 1,5...

Il est de notoriété publique que la production du film Justice League fut une gabegie. Les financiers de la Warner, peu satisfaits des chiffres d’exploitation des deux premiers opus (Man of Steel et Batman v Superman), firent un virage à cent quatre-vingts degrés pendant la production du film, mettant à la poubelle la vision originelle de son metteur en scène (Zack Snyder) pour aller chercher le réalisateur star de l’écurie d’en face (Joss Whedon). Il en a résulté un film malade, sans cesse tiraillé entre deux visions qui s’opposaient constamment : un film épique sérieux d’un côté et un divertissement léger de l’autre. Chacune des deux options, prise individuellement, aurait pu aboutir à un bon film, mais les faire cohabiter dans le même long-métrage amena à un échec artistique et un relatif désastre financier (avec 660 millions de dollars au box-office, on ne peut pas réellement parler de bide).

Cette création chaotique n’est cependant pas sans intérêt puisque, quatre ans plus tard, la Warner a changé son fusil d’épaule (encore) pour autoriser Zack Snyder à terminer le film tel qu’il l’avait prévu au départ. Cela nous offre un vrai cas d’école. En effet, au fil de l’histoire, nombreux sont les réalisateurs à s’être vu dépossédés de leurs films. Cela nourrit le fantasme de films incroyables, de métrages que l’on ne verra jamais. À titre personnel, je rêve de voir Le treizième guerrier tel que John McTiernan l’avait imaginé, mais cela ne se produira probablement jamais. Les fans de DC et/ou de Zack Snyder, eux, ont la chance de pouvoir regarder cette "vraie" version du film, et les autres ont l’opportunité de pouvoir comparer, de savoir ce qui relève du travail de Snyder de celui de Whedon. Rien que pour ça, et au-delà de ses qualités et défauts, cette Snyder cut est passionnante.

Les choses sont toutefois à relativiser car si la Snyder Cut apporte la vision originelle de son réalisateur, il est évident qu’il ne s’agit pas du film tel qu’il aurait pu sortir au cinéma. Il est évident que jamais un long-métrage de quatre heures chapitré en huit parties n’aurait pu trouver le chemin des salles obscures, et il est d’autant plus certain que Snyder aurait dû couper pour le ramener à une durée plus raisonnable, un trois heures maxi. Ce n’est donc pas le film tel qu’il aurait dû sortir au cinéma qui est ici proposé. Au contraire, Zack Snyder a visiblement eu carte blanche pour faire ce qu’il voulait, même shooter de nouvelles scènes. Snyder en roue libre, autant dire que les fans convaincus d’avance vont hurler de joie, tout comme les détracteurs convaincus d’avance mourront de douleur face à cette orgie de ralentis et de plans CGI typiques du réalisateur. Et les autres ?...

Commençons par le commencement : la Snyder cut est infiniment plus qualitative que la version cinéma, c’est indéniable. Il ne pouvait en être autrement, car elle gagne en cohérence artistique. La partie pop-corn légère est évacuée, et le film embrasse désormais pleinement sa dimension de fresque épique. C’est globalement très sérieux, bien plus sombre, et tout est filmé avec un pur premier degré (on sent que Snyder croit en son sujet). On en pense ce que l’on en veut, d’aucun pourront trouver ça ridicule quand d’autre apprécieront, mais on ne peut retirer à cette version le fait d'embrasser pleinement son sujet. Qui plus est, il faut bien reconnaître que c’est dans la continuité de Man of Steel et Batman v Superman, ce qui, au final, donne à la trilogie une cohérence dans son traitement et dans ses thématiques.

Par extension, cela donne également à cette production une identité. À l’instar de des deux précédents films, Justice League ne tente pas de dupliquer la formule du Marvel Cinematic Universe, et c’est franchement appréciable. Non que la formule du MCU soit mauvaise (loin de là), mais elle nous est servie dans au moins deux longs-métrages chaque année (auxquels viennent maintenant s’ajouter des séries). Marvel fait très bien du Marvel, mais il est agréable de voir autre chose qu’un clone low cost (ce qu’était la version cinéma de Justice League, finalement). Clairement, cela clivera le public. N’étant pas un grand connaisseur de DC, je suis resté plus d’une fois surpris par certaines scènes (notamment la bataille façon Seigneur des Anneaux), pas forcément convaincu au final, mais en tout cas content d’avoir eu quelque chose auquel je ne m’attendais pas.

Et sincèrement, si je pensais quelque peu m’ennuyer devant ces quatre heures de film, je me suis surpris à trouver le visionnage agréable de bout en (presque) bout. Et ce d’autant que les scènes d’actions ne sont pas légion, le métrage étant rythmé par seulement quatre grosses scènes d’actions (dont une seule inédite). Le reste tient sur des dialogues ou des scènes plus intimistes. Clairement, les personnages et les enjeux sont mieux posés. Les "figurants" de la version cinéma ont désormais le droit à de vrais arcs narratifs qui, même s’ils ne sont pas finement écrits, ont tout de même le mérite de leur donner un peu de substance. Zack Snyder trouve un équilibre satisfaisant dans la gestion de son équipe. La fresque héroïque tant promise prend vie sur les écrans, les pouvoirs et la coopération de ces super-héros aboutissant à un climax digne de ce nom.

Si les qualités sont indéniables, elles n’éclipsent cependant pas les défauts du film, au premier rang desquels on mentionnera un aspect technique franchement dégueulasse. A l’instar de Man of Steel et Batman v Superman, Justice League est fait de fond vert et de CGI, mais contrairement à ces derniers, on sent souvent que tout manque de finition. Pour quelques effets spéciaux réussis (Steppenwolf), il faut se taper de la cinématique de PS4 (la bataille contre les amazones) voire carrément quelques plans qui semblent non finalisés (Lex Luthor dans le liquide amniotique). De plus, le choix de Zack Snyder de monter son film en 4/3 s’avère d’autant plus étonnant qu’une toute petite minorité de plans semble exploiter ce format. Quant à la photographie ou la bande-originale, sans être radicalement mauvaises, elles ne proposent rien de mémorables.

Scénaristiquement, la révolution n’est pas non plus au rendez-vous. La Snyder cut n’est pas un nouveau film, c’est une version plus longue, mieux amenée et mieux construite de Justice League, mais pas fondamentalement différente. Les trois boites mères restent de simples McGuffin, et les motivations du vrai grand méchant sont au niveau basique des productions super-héroïques (il est méchant parce qu’il veut conquérir le monde, et il veut conquérir le monde parce qu’il est méchant). Certes, c’est mieux construit et mieux amené, mais ce n’est pas non plus d’une folle d’originalité. De plus, si l’histoire se tient globalement jusqu’au climax, toute la dernière partie (dénuée d’enjeux) ressemble à une très longue scène post-générique d’une demi-heure, pleins de caméos qui n’apportent rien à l’histoire (et sont même confusants pour le néophyte que je suis).

Enfin, et cela clivera comme prévu le public, Snyder fait du Snyder et pousse les manettes au maximum, usant et abusant de ce qui est devenu sa marque de fabrique au fil des ans : les ralentis. Le bon côté, c’est que cela permet de constamment iconiser ces super-héros. Et franchement, il faut dire ce qui est, cette Justice League a de la gueule. Le mauvais côté, c’est que cela finit par ne plus avoir aucun sens et à faire perdre leur portée à tout un pan de la mise en scène. Il est ainsi logique — et bien vu — de filmer au ralenti les actions de Flash, cela permet de donner une caractérisation visuelle à ses pouvoirs. Le problème est que comme les ralentis sont utilisés pour tout et n’importe quoi, on n’a au final presque plus cette impression de vitesse. Le ralenti n'est qu'un gimmick comme un autre, et c’est bien dommage.

La conclusion de à propos du Film : Zack Snyder Justice League #1 [2021]

Auteur Vincent L.
70

Immensément plus réussie que la version cinéma sortie en 2017, Zack Snyder Justice League n’est cependant pas le chef d’œuvre attendu. Un peu trop long, un peu trop ralenti, pas assez finalisé, le film souffre à la fois de l’immense liberté donnée à son cinéaste et du temps de production trop court pour concrétiser toutes ses ambitions. Il n’empêche que le film reste en tout point passionnant à analyser et à décrypter. Désormais redevenu la fresque sombre et ambitieuse qu’avait imaginé le réalisateur, ce Snyder cut conclut parfaitement la trilogie initiée avec Man of Steel, et pose un constat quelque peu amer : si Warner avait eu le courage d’aller jusqu’au bout des ambitions de Snyder, le DCEU aurait pu être une proposition de cinéma différente. Franchement, j'en aurai bien repris un morceau...

On a aimé

  • L'opportunité de voir la vision de Snyder,
  • Une fresque héroïque cohérente,
  • Des personnages correctement caractérisés,
  • Des scènes d'action bien fichues,
  • Un casting qui fait le taf,
  • Le traitement, qui change de la masse des blockbusters.

On a moins bien aimé

  • Techniquement pas abouti,
  • Un scénario toujours pas passionnant,
  • Un final trop long, avec des caméos pas extraordinaires,
  • Des ralentis parfois utilisés n'importe comment.

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