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Critique du film : Pixels [2015], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le dimanche 9 mai 2021 à 09h00

Space Invaders

Média devenu grand public depuis une cinquantaine d'années, le jeu vidéo a complètement imprégné une pop culture mondialisée influençant sporadiquement le cinéma qui en fait parfois son sujet principal à l'image de Pixels en 2015.

A l'origine de ce film il y a un court-métrage français éponyme réalisé par Patrick Jean en 2010 où New York subit une invasion de protagonistes géants de jeux vidéo des années 1980 faits de pixels. Un court-métrage qui attire rapidement les convoitises d'Hollywood dont la volonté de l'acteur/producteur Adam Sandler d'en faire un long-métrage. Le projet est ainsi lancé via plusieurs scripts dont le dernier qui atterrit sur le bureau de Chris Columbus en 2012. Un réalisateur et producteur qui rappelle forcément de bons souvenirs aux enfants et adolescents des années 1980 et 1990 puisqu'on le retrouvait derrière (que cla soit au scénario à la réalisation ou à la production) le premier Gremlins, la série des Maman j'ai raté l'avion ou Mme Doubtfire. Au tournant des années 2000, l'homme s'est spécialisé dans l'adaptation de romans jeunesse comme les deux premiers Harry Potter et les Percy Jackson avant de se faire plus discret côté réalisation mais restant actif en tant que producteur (les deux 4 fantastiques de Tim Story...). Bref, un cinéaste orienté vers le divertissement familial dont les films, loin d'être des chef-d’œuvres, sont généralement appréciés grâce à son nom fleurant bon les après-midi à base de VHS ou de DVD... Sandler et Columbus sont ainsi producteurs du film (distribué par la Columbia) vendu comme une comédie SF reposant sur des performances d'Adam Sandler et Kevin James qui se sont souvent illustrés dans le côté obscur de la comédie US...

Le film démarre au début des années 1980 alors que les jeunes Sam Brenner (Adam Sandler) et Will Cooper (Kevin James) déboulent dans une salle d'arcade pour la première fois. Brenner démontre rapidement d'incroyable talent lui permettant de participer à une grande compétition où vont s'illustrer d'autres champions comme les jeunes Ludlow (Josh Gad) et Eddie (Peter Dinklage) alors que l’événement est enregistré afin que la K7 soit intégrée à une sonde prochainement envoyée dans l'espace par la NASA. Eddie remporte la finale face à un Brenner qui va ruminer cet échec toute sa vie même 30 ans plus tard alors qu'il est devenu installateur spécialisé dans les TV et autres appareil électroniques. C'est pendant une installation qu'il fait la rencontre avec Violet (Michelle Monaghan) en plein divorce et avec qui il essaye de flirter... De son côté Will est devenu Président des Etats-Unis connaissant une certaine perte de popularité tout en devant faire face à une curieuse attaque sur des bases de l'armée. Les attaquants ont la forme de créatures géantes pixelisées issues du jeu vidéo des années 1980 Galaga. Will demande à Sam d'apporter son expertise devant un état-major sceptique notamment composée de Violet qui travaille pour l'armée dans la création de nouvelles technologies. C'est alors que Ludlow refait son apparition dans la vie de Sam pour lui montrer une vidéo envoyée par des extraterrestres expliquant que la Terre est visée par différentes attaques inspirées de jeux vidéo et qu'au bout de trois défaites, le monde sera détruit. Les Etats-Unis vont devoir se préparer en devant faire confiance à Sam, Ludlow comme à Eddie à qui on demande d'intégrer l'équipe alors qu'il croupissait en prison...

Autant le dire de suite, le scénario n'a absolument aucun sens du début à la fin. Alors certes, l'idée de base étant pas mal casse-gueule on pouvait se montrer indulgent. Mais l'histoire ne réussit jamais à suspendre notre incrédulité avec des facilités honteuses, des invraisemblances crasses et un criant manque de logique... Cela n'aurait pas été si gênant si le film voulait trop souvent se prendre au sérieux avec son ambiance d'invasion extraterrestre repoussée par une équipe de nerds laissés pour compte... Le scénario fait ainsi penser à un croisement entre Independence Day et SOS Fantômes où l'on insère des références vidéoludiques de l'âge d'or de l'arcade. On peut néanmoins trouver le métrage bien rythmé avec ce qu'il faut de péripéties pour nous tenir en haleine. Il reste dommage que le film ne prenne jamais cette sortie de route vers l'absurde ou la série B complètement assumée malgré quelques volontés par moments. Pour ce qui est de l'aspect comique, on souffle le chaud et le froid. D'abord il ne faut pas être complètement allergique au duo Adam Sandler/Kevin James même si on doit avouer que quelques blagues sont assez efficaces et des situations prêtant à sourire surtout en ce qui concerne les personnages de Peter Dinklage et de Josh Gad. Ensuite, on s'interroge encore sur cette romance inutile entre Sam et Violet. Pour ce qui du thème principal abordé par le film, on reste dans le très classique avec l'idée que la vie ne s'arrête pas forcément à 40-50 ans et qu'on peut encore s'épanouir ou devenir un héros...

Là où j'attendais personnellement le film, c'est sur son traitement du jeu vidéo. Et c'est assez ambivalent de différents points de vue. Tout d'abord en ce qui concerne les joueurs avec cette idée d'en faire certes des héros mais on a l'impression qu'ils sont la personnification de l'idée que les jeunes qui passent leur temps à jouer seront plus tard des ratés. Cela se vérifie pour Sam, Ludlow et Eddie... Même si la fin contrebalance l'idée, on ne peut que voir Eddie comme une parodie du champion de jeux d'arcade Billy Mitchell n'étant pas vraiment la meilleure publicité pour le jeu vidéo... On apprécie quand même de voir cette normalisation de la culture vidéoludique mais on reste sceptique face au public visé. En effet, les extraterrestres s'inspirent de classiques des jeux d'arcade dont seuls Pac-Man et Donkey Kong sont des icônes encore connues du grand public aujourd'hui tandis que les autres ne parleront pas forcément au public familial qui est la cible du film. On a l'impression que le film se tire un peu une balle dans le pied en... Au final, le jeu vidéo est plus utilisé comme prétexte à un film d’invasion alien pour le coup original en reprenant néanmoins correctement ses codes pour offrir des scènes d'action intéressantes et intenses que cela soit un Centipede grandeur nature dans un champ anglais et un Pac-Man d'anthologie dans les rues de Manatthan. Néanmoins, on reste loin de TRON, Scott Pilgrim vs. the World ou Ready Player One pour l'utilisation intelligente du jeu vidéo dans un blockbuster hollywodien.

Là où le film déçoit moins c'est dans ses effets spéciaux car on affaire à une production d'environ 100 millions de dollars capable de propose un déluge d'images de synthèse efficace. Les scènes d'action s'avèrent assez jouissives et on se surprend à vouloir zapper le reste du film pour enfin voir les pixels débarquer... Cela permet de souligner l'efficacité de la mise en scène de Chris Columbus, certes convenue et sans véritable once d'ambition. Columbus démontre son savoir-faire dans le divertissement familial lui permettant de gérer comme il faut de grosses productions faisant de lui un des yes-man les plus importants d'Hollywood depuis près de 20 ans... Le principal problème du film, outre son scénario, repose finalement sur le duo Adam Sandler/Kevin James. Les deux comédiens se sont vraiment emparés du projet pour se mettre en lumière au lieu de le servir. Adam Sandler (Little Nicky, Click...) fait du Sandler pur jus aussi prévisible qu'un peu lourd tandis que Kevin James (Hitch, Paul Blart : Super Vigile...) n'est jamais crédible dans son rôle de président quand bien même il est censé parodier George W. Bush. A leurs côtés, Michelle Monaghan (Mission Impossible III, Source Code...) fait ce qu'elle peut avec un rôle n'ayant aucun sens tandis que Brian Cox et Sean Bean doivent se demander ce qu'ils font dans cette galère malgré des rôles très secondaires. On retiendra plus Peter Dinklage (Le Trône de Fer, Days of Future Past...) capable une nouvelle fois de disparaître derrière un personnage et Josh Gad, alors surtout connu pour ses doublages, démontrant un réel potentiel comique en théoricien du complot nerd assumé.

La conclusion de à propos du Film : Pixels [2015]

Auteur Bastien L.
45

Pixels est une déception d'abord parce que le scénario a été fait sans grande considération et parce que le duo Adam Sandler/Kevin James tire trop la couverture sur lui. Et il en faut parfois de l'abnégation pour supporter les comédies des deux compères... On peut néanmoins suivre le film grâce à un bon rythme, une production soignée et des effets spéciaux offrant une grande originalité par son utilisation du jeu vidéo qui n'en ressortira pas forcément grandi, une nouvelle fois.

On a aimé

  • Un divertissement bien rythmé
  • De très bons effets spéciaux
  • Des scènes d'action originales

On a moins bien aimé

  • Un scénario aux fraises
  • Adam Sandler et Kevin James en roue libre
  • Mise en scène trop convenue
     

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