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Critique du film d'animation : Samouraï Academy [2022], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le vendredi 28 octobre 2022 à 09h00

Le Seul Samouraï

Critique de la version française

Le cinéma d'animation américain est souvent vu comme l'apanage de gros studios qui inondent nos écrans avec des divertissements familiaux ne laissant que quelques miettes à des productions plus modestes venant de studios moins côtés à l'image de Samouraï Academy.

On le sait, la production d'un film est loin d'être un fleuve tranquille, mais il faut dire que Samouraï Academy, initialement annoncé pour 2017, a enchaîné les problèmes avant d'arriver sur nos écrans français en octobre 2022. Pour commencer, il s'agit d'une sorte de remake en images de synthèse donc très libre d'une comédie/western de Mel Brooks, Le shérif est en prison (1974). L'Américain a par ailleurs partipé à Samouraï Academy au niveau de la production, de l'écriture comme du doublage expliquant que l'on retrouve beaucoup de son cinéma dans le résultat final. Le projet naquit en 2010 avec pour projets de mettre en scène des humains avant que des animaux ne soient choisis. Après des années de pré-production, et une succession de scénaristes se succédant, Rob Minkoff rejoint d'abord l'aventure en tant que producteur. L'Américain est surtout connu pour avoir été le réalisateur du cultissime Roi Lion en 1994 avant d'enchaîner avec des projets mêlant prises de vue réelles et animations comme les deux premiers Stuart Little ou Le Manoir hanté et les 999 fantômes. Au départ, la réalisation est confiée au vétéran de l'animation Chris Bailey dont c'est le premier film à ce poste après avoir longtemps travaillé pour Disney en tant qu'animateur, notamment sur Le Roi lion. Malheureusement, l'enchaînement des soucis de production (un scénario ayant du mal à prendre forme, une production qui change de mains et la crise du Covid) eurent raison de Bailey (comme des producteurs initiaux) en 2021 qui garde quand même son statut de réalisateur au générique. Il est remplacé par Rob Minkoff (un grand nom que saura utiliser le département maketting) et  Mark Koetsier, un autre américain très expérimenté en tant qu'animateur comme artiste de story-board ayant plusieurs fois collaboré avec Minkoff notamment sur Le Roi lion, encore une fois. Le film connut donc une longue production entre le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Canada et la Chine pour une distribution par Paramount à l'été 2022 aux Etats-Unis d'abord pour un résultat assez catastrophique car le film ne récupéra que les deux tiers de son budget de 45 millions de dollars...

Le film se déroule dans un pays imaginaire, largement inspiré du Japon féodal, peuplé de chats. Le village isolé de Kakumucho subit le courroux du seigneur local Ika Chu qui pense que la localité gâche la vue de son palais qu'il veut rendre parfait étant donné qu'il vise la succession du vieux Shogun de la région. Il décide alors d'envoyer ses gardes déguisés en bandits faire peur aux villageois qui sont alors abandonnés par leur samouraï attitré. Les villageois demande alors au Shogun qu'il leur envoi un remplaçant mais la tâche est confiée à Ika Chu qui décide de leur envoyer le chien Hank sorti de ses geôles. Malheureusement, dans ce pays exclusivement habité par des chats, Hank est vu comme un pestiféré et ne recueille que le mépris comme l'incrédulité des villageois qu'il doit protéger. Hank n'est pas vraiment un samouraï mais un jeune naïf voulant le devenir dans une sorte de rêve un peu fou. Il pourra néanmoins compté sur l'aide du taciturne et sévère Jimbo, ancien samouraï le prenant à contrecoeur comme élève. Hank va donc devoir suivre un entraînement très difficile comme faire face aux machinations d'Ika Chu pour raser le village.

Le principal problème du film est avant-tout son scénario bien trop classique, pour ne pas dire quelconque, pour convaincre. On a l'impression d'avoir vu mille fois ce voyage d'un héros que personne n'attend, qui affronte une tâche insurmontable mais qui va peu à peu y arriver grâce à la force de la volonté et l'aide de ses amis... L'intrigue se déroule donc paresseusement devant nos yeux avec ses personnages étant avant-tout des archétypes encore une fois bien trop classiques pour que l'on soit surpris... Le vieux maître exigeant cachant une ancienne blessure, la jeune novice pleine de volonté trop souvent mise de côté, l'énorme ennemi redoutable attendant seulement d'être aimé, le grand méchant sarcastique et violent envers ses subordonnés... Et surtout le héros plein de volonté, maladroit, un peu horripilant mais finalement terriblement attachant... A partir de ce constat, vous pouvez aussi facilement deviner que les thématiques abordées sont toutes aussi classiques et peu originales dans leurs approches. Le film veut nous parler de racisme comme de tolérance où le chien met beaucoup de temps à être accepté. L'histoire montre bien l'absurdité des préjugés et qu'il est toujours très difficile de se faire accepter quand on a le statut d'étranger.

Comme il a été dit, l'ombre de Mel Brooks est importante au-dessus de ce film pour ce qui concerne son humour. L'influence du Shérif est en prison se fait sentir dans le sens où les anachronismes pullulent dans cette ambiance médiévale comme la manière dont le film brise souvent le 4ème mur. De même, on sent l'esprit cartoon, parodique et absurde du réalisateur de Frankenstein Junior comme de Dracula, mort et heureux de l'etre. Cet humour très cartoon dans l'esprit détonne quand même des productions actuelles qui ne poussent pas les délires aussi loin généralement. Les gags s'enchaînent à une vitesse folle où les jeux de mots sont légion (la version français est par ailleurs de qualité à ce niveau) permettant autant aux enfants qu'aux adultes de s'amuser. Néanmoins, on pourrait trouver que l'humour s'adresse justement parfois trop aux adultes au risque de perdre les plus jeunes n'ayant pas forcément toutes les références. Un humour qui parasite parfois l'intrigue car les moments où l'émotion se veut plus poignante tombent souvent à plat après toutes les bouffonneries que l'on vient de voir ou parce que le film dédramatise souvent son scénario d'un revers d'une vanne. On a donc un peu mal à accrocher à un univers, de toute façon mal dégrossi, qui mélange autant Les Sept Samouraïs et Les Sept Mercenaires (voire Fievel au Far-West...) dans une double ambiance western/japon féodal peuplé de chats. Ce qui offre une ambiance certes assez originale où les vannes à base des comportements propres aux chats et aux chiens sont assez efficaces. Pour ce qui est de la direction artistique de l'ensemble, on est encore une fois sur du classique, de l'efficace mais assez convenue.

Il est sûr qu'avec une production aussi compliquée et ses 45 millions de dollars de budget, il ne fallait pas en attendre énormément de l'animation du film. Si l'ensemble reste correct, elle paraît un peu rigide et nous sort par moments du film par quelques arrières-plans trop figés ou des ralentis dans les scènes d'action faisant surtout saccadés. L'action est par ailleurs une déception dans ce film de samouraï, un comble... L'ensemble est encore une fois trop convenu et il y a peu de moments vraiment épiques qui font de toute manière pale figure avec des œuvres comme la saga Kung fu Panda pour rester dans une ambiance asiatique revisitée par des Occidentaux. Il faut aussi avouer que les réalisateurs ne sont pas particulièrement connus pour leur expérience dans le cinéma d'action. Si Rob Minkoff a été mis en avant, il faut quand même avouer que le réalisateur a été touché par la grâce avec Le Roi lion, un exploit qu'il a eu du mal à réitéré enchaînant une carrière de yes-man capable de bien intégrer l'animation dans des films en prise de vue réelles. Il livre, aux côtés de Mark Koetsier, un résultats encore une fois assez convenu. L'ensemble s'avère surtout efficace pour coller à l'esprit cartoon du film où les gags sont correctement mis en scène et le rythme de l'ensemble s'avère assez accrocheur faisant que les 85 minutes du film passent agréablement. Pour ce qui est du doublage français, il a été confié à des comédiens expérimentés de la discipline qui offre un résultat très satisfaisant.

La conclusion de à propos du Film d'animation : Samouraï Academy [2022]

Auteur Bastien L.
60

Samouraï Academy semble malheureusement être un film d'animation condamné à l'oubli car il s'avère bien trop classique sur de nombreux points que cela soit son scénario, ses personnages, ses thématiques abordées, son animation ou sa mise en scène. Une œuvre qui ne peut rivaliser artistiquement ou techniquement avec le panthéon du genre donc qui mise sur un humour cartoon et absurde assez rare dans un divertissement familial. Ce qui est autant sa plus grande force qu'une partie de ses faiblesses. Néanmoins, le spectacle n'est pas désagréable réussissant à nous accrocher par moments.

On a aimé

  • Un divertissement efficace
  • Un humour original faisant souvent mouche
  • La version française (sauf le titre...)

On a moins bien aimé

  • Terriblement convenu à tous points
  • Une production qui accuse un accouchement difficile et un budget modeste
  • L'action

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