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Critique du film : Dracula [1932], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le jeudi 30 décembre 2021 à 09h00

Les débuts d'un mythe au cinéma

Véritable icône de l'épouvante comme de l'horreur au cinéma, Dracula est véritablement né sur pellicule tel qu'on se l'imagine en 1931 au sein des studios Universal.

Dracula est assurément le vampire le plus connu de la pop culture depuis plus d'un siècle grâce au roman de Bram Stoker parut en 1897 mais surtout via le film de Tod Browning de 1931. A la base du projet on retrouve les studios Universal et l'amour de Carl Laemmle Jr. (fils de son éponyme de père qui fonda les studios) pour le genre horrifique. Un amour né sur les plateaux des films produits par son père notamment Le Bossu de Notre-Dame (1923) ou Le Fantôme de l'Opéra (1925), des projets gigantesques qu'il voulu reproduire quand il prend en charge la production des studios en 1928. L'histoire de Bram Stoker avait déjà eu le droit à une adaptation non-officielle par Friedrich W. Murnau et son Nosferatu (1922) qui impressionna Laemmle Jr. et inspira beaucoup la production de son Dracula (notamment la scène où Renfield se coupe le doigt devant Dracula). Le père Laemmle avait déjà eu en tête d'adapter le roman et son fils eut enfin les droits pour le faire sans pour autant pouvoir créer une production aussi incroyable qu'il le souhaitait, la crise de 1929 ayant eu un impact considérable sur la production cinématographique hollywoodienne.

Il fut donc décider de baser l'adaptation sur une pièce de théâtre anglaise de 1923 adaptée en Amérique quelques années plus tard et dont la version sur Broadway mettait en scène l'acteur hongrois Bela Lugosi dans le rôle-titre. Le projet cinématographique fut mis entre les mains du réalisateur Tod Browning auteur de quelques classiques du muet aux côté de l'acteur Lon Chaney comme Londres après minuit ou L'Inconnu et dont la collaboration devait se poursuivre. Malheureusement, l'acteur décéda d'un cancer en 1930 et Lugosi fut choisi, pour un maigre salaire, en dernier recours après avoir envisagé un grand nombre de candidats. La production du film fut assez curieuse puisque le directeur de la photographie, Karl Freund, dispose aujourd'hui du statut de réalisateur non-crédité tant Tod Browning le laissait faire se sentant mal à l'aise avec les techniques du parlant. Comme à cette époque, tous les cinémas n'étaient pas équipés pour diffuser des films parlant, il existe donc une version muette avec intertitres. Et comme le doublage n'était pas une technique facile à mettre en place, il existe aussi une version espagnole, Drácula, (que beaucoup jugent comme étant supérieure d'un point de vue purement cinématographique) tournée en même temps une fois que l'équipe « anglophone » avait fini sa journée... Bref, la version qui nous intéresse est sortie triomphalement en 1931 (début 1932 chez nous) devenant un tel succès tant critique que public qu'il donna véritablement naissance au cinéma d'horreur/fantastique américain qui débuta un âge d'or d'une dizaine d'année chez Universal.

Le film débute en Europe de l'Est, en Transylvanie, où un solliciteur anglais, Renfield (Dwight Frye) a rendez-vous à minuit avec le chauffeur du Comte Dracula (Bela Lugosi) près de son château afin de régler une transaction immobilière. Même si les villageois le mettent en garde contre la nature maléfique du comte, Renfield s'y rend et se retrouve ainsi dans une étrange demeure face à un hôte bien mystérieux. Après s'être assuré que la transaction était officielle, le comte Dracula semble empoisonner son invité puis s'en prendre à lui. Plus tard, on découvre que Dracula et Renfield voyagent sur un navire vers l'Angleterre alors que le second est possédé et envoûté par le premier qu'il considère comme son maître. Le navire arrive avec son équipage décimé et Renfield est retrouvé puis mis dans un institut psychiatrique où l'on apprend qu'il se nourrit de sang d'insectes... L'hôpital se trouve proche des nouvelles terres de Dracula qui part à la rencontre des propriétaires dont la fille Mina Seward (Helen Chandler) promise au jeune John Harker (David Manners). De mystérieux meurtres de jeunes femmes vidées de leur sang commencent à être découverts alors que le professeur Van Helsing (Edward Van Sloan) se rend à l'évidence, un vampire est en liberté...

Dracula a beau être un classique, un film culte et une œuvre fondatrice de l'horreur/épouvante au cinéma, il n'en reste pas moins qu'elle a vieilli. Son scénario en est la preuve car il condense le roman de Bram Stoker en 1h15 de film. Si le projet est évidemment daté, il l'est d'autant plus à nos yeux actuels qui connaissent l'histoire de Dracula via différentes œuvres plus récentes. On a l'impression en voyant le film d'assister à un résumé de cette histoire que l'on connaît si bien. En 75 minutes, on a évidemment l'impression que tout se passe vite dans un film qui ne s'embarrasse pas vraiment de fournir de nombreuses explications et qui fait l'impasse sur beaucoup de choses que l'on connaît de l’œuvre (le début en Transylvanie assez rapide, ce que représente Mina pour Dracula, le rôle des autres vampires et la fin plutôt expédiée). Néanmoins tout ce que l'on connaît du mythe de Dracula est bien présent avec le film qui imprime dans l'imaginaire collectif un méchant avant-tout séducteur parlant avec un accent slave et invente le personnage de Renfield donnant à Harker un rôle de héros assistant le sage professeur Van Helsing.

L'adaptation est ainsi assez basique donnant au film une structure assez simpliste mais qui fonctionne quand même en tant que cinéma de divertissement. On apprécie de voir les archétypes du film d'épouvante se mettre en place puisque le monstre (Dracula), aidé de son acolyte (Renfield), s'en prend à la belle (Mina) obligeant son fiancé (Harker) à agir sous la tutelle de la figure d'autorité (Van Helsing) sachant comment se défaire du monstre. L'apport du film, et de la pièce dont est adaptée le roman, est ainsi que Dracula est un séducteur et détient une emprise hypnotique sur ses victimes. Le parallèle avec la sexualité est assez évident au travers du film et devient ainsi le principal thème abordé. Dracula incarne ainsi le séduction, le désir et la bestialité liés à la sexualité, celui qui peut détourner la pure Mina de son véritable amour en tant qu'amant qui apparaît à sa fenêtre quand tout le monde est couché. Le baiser du vampire agit donc comme un appel à la débauche qui jette l'infamie sur celle qui y succombe qui à son tour va répandre cette même débauche. Cela se comprend à travers les personnages de femmes-vampires que accompagnent Dracula dont l'amie (Frances Dade) de Mina transformée par le comte à son arrivée à Londres. Seul le bon professeur Van Helsing, représentant de la morale, peut remettre les jeunes dans le droit de chemin. La parabole est aussi accentuée avec Renfield qui démontre ce que l'on devient lorsque l'on se laisse submerger par ses bas instincts...

Malgré cette lecture assez évidente du film, il n'en reste pas moins un divertissement de qualité qui a offert aux spectateurs de l'époque ce qu'il fallait de mystère, de péripéties, de romance et de suspense pour divertir comme il se doit. Il paraît aussi que le film réussissait même à faire peur tant il s'avérait novateur à l'époque. Mais soyons francs, aujourd'hui seuls les plus jeunes spectateurs pourront être effrayés par ce film. Cela ne veut pas dire que l'ensemble est raté mais encore une fois, qu'il est terriblement daté. La direction artistique est pourtant très soignée notamment le début de film se déroulant en Transylvanie avec une approche rappelant inévitablement l’expressionnisme allemand dans les paysages et le château de Dracula. Les décors majestueux et l'intérieur imposant livrent une approche gothique et lugubre appréciable qui s'estompe malheureusement une fois arrivée à Londres malgré la très chouette tempête durant la traversée réalisée via maquettes (et stock-shots apparemment). Ensuite, cela s'avère plus classique, mais malgré tout efficace, notamment pour accentuer le décalage entre Dracula et la bonne société londonienne. Les costumes et les maquillages du film sont de grande qualité notamment pour donner vie au comte dont l'excentricité vestimentaire, comparée aux autres personnages, renforce son aspect mystérieux. Pour ce qui est des effets spéciaux, encore une fois ils apparaissent datés notamment les chauves-souris faisant très accessoire et les mouvements de caméra pour masquer les métamorphoses de Dracula... Ils étaient néanmoins très réussi pour l'époque.

Pour ce qui est de la réalisation de Tod Browning, on sent effectivement que l'homme est plus habitué au muet tant il impose de nombreux silences pendant ses scènes. Cela fonctionne néanmoins et permet de créer une réelle atmosphère inquiétante notamment quand Renfield rencontre Dracula pour la première fois. Cela permet aussi de mieux insister sur les pouvoirs hypnotiques de Dracula et son regard d'acier très bien mis en lumière. Apparement, l'utilisation de mouvements de caméra plus ambitieux sont plus du fait de Karl Freund venant de l'école allemande ayant travaillé sur des œuvres comme Le Golem ou Métropolis. Il propose ainsi d'intéressants travelling pour introduire les lieux comme l'antre du vampire. Ce dernier est donc incarné par Bela Lugosi dont ce fut le premier grand rôle à Hollywood. L'acteur Hongrois est la raison pour laquelle le film est aussi mythique campant parfaitement cette bête tapie sous un visage séduisant et une présence magnétique. Son jeu quelque peu théâtrale et son accent slave renforcent le côté envoûtant du personnage. A ses côtés, seul Dwight Frye, lui aussi quasiment inconnu au cinéma, se distingue grâce à un véritable double-personnage tant Renfield change du tout au tout en jeune homme dépassé puis en personne dérangée avec sa folie et son rire glaçant. Le reste du casting est correct.

La conclusion de à propos du Film : Dracula [1932]

Auteur Bastien L.
75

Comme beaucoup de grands classiques des films d'horreur/épouvante des premières décennies du cinéma, on ne peut que regretter que Dracula ait vieilli. Le vrai problème étant que le genre a été beaucoup plus loin et le roman de Bram Stoker a été tant de fois adapté qu'on a parfois l'impression de se retrouver dans une version abrégée et un peu gentille quand on regarde le film de Tod Browning. Ce n'est que mon point vue devant un film qui propose toutefois une atmosphère prenante, dispose de qualités artistiques indéniables et qu'il est mené par un duo Bela Lugosi/Dwight Frye vraiment génial.

On a aimé

  • La naissance du mythe de Dracula au cinéma
  • Artistiquement très intéressant
  • Bela Lugosi et Dwight Frye

On a moins bien aimé

  • Un scénario trop précipité
  • Le reste du casting assez fade
  • Cela a pris son coup de vieux

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