Critique Saturn 3 [1980]

Avis critique rédigé par Richard B. le lundi 9 août 2010 à 07h49

Sur Saturn 3 personne ne vous entendra crier...

Le futur. La Terre est en proie à un gros problème de pénurie alimentaire. Au loin, sur un satellite tournant autour de Saturne, deux savants, Adam et Alex, effectuent des expériences afin d’essayer de trouver une solution au problème qui affecte la survie de l’humanité. Les avancées des deux scientifiques ne semblant pas assez rapides, un nouveau scientifique leur est envoyé en renfort. Juste avant de partir vers le satellite, ce dernier est assassiné par l’une de ses connaissances, qui prend sa place. Une fois sur les lieux, l’imposteur fabrique un robot du nom d’Hector et, comme son créateur, la machine va très vite démontrer son instabilité...

Datant de 1980, Saturn 3 pourrait très vite être classé dans la catégorie de film opportuniste. Rien que l’introduction où l’on voit un énorme vaisseau passer lentement au-dessus du cadre fait immédiatement référence au plan d’introduction de  La guerre des étoiles. Ensuite, comme pour Alien, le scénario propose quelques séquences de traque dans de longs couloirs étroits. Pourtant, Saturn 3, à l’inverse de quelques autres copies profitant elles aussi de ces deux succès de la science-fiction, peut se vanter de proposer quelques passages et idées intéressantes. Ainsi, Hector pourrait très bien être perçu comme l’une des bases qui auraient influencé le Terminator de James Cameron. La machine y est ici tout aussi indestructible, déterminée, capable d’imiter des voix, et prête à tuer. Parmi d’autres bonnes idées du film, on notera celle de la machine voulant s’identifier à son créateur, recherchant à prendre son apparence, mais aussi à ressentir les mêmes désirs et pulsions. Si cette thématique est depuis revenue un certain nombre de fois - et parfois de manière plus profonde -, Saturn 3 doit figurer parmi les tout premiers à l’aborder au cinéma.

Hormis cela, il s’inscrit aussi comme l’un des derniers films de science-fiction à porter une vision très «Greenpeace» et à se pencher sur le phénomène de «l’évolution des mœurs sexuelles». Comme pour Soleil vert - ou encore Silent Running -, le scénario de Martin Amis s’inscrit dans une vision écologiquement noire dans laquelle l’homme a laissé une planète dans un état pitoyable et anéanti une grande partie des ressources alimentaires. Toujours en phase avec un philosophie très seventies, il paraitra aujourd’hui amusant de voir le personnage d’Harvey Keitel amener l’idée que la femme doit se partager à l’homme et n’être non pas l’objet de désir d’un seul, mais capable de s’offrir à tout être la désirant, comme il se ferait sur Terre. Des idées donc bien inscrites dans une période cinématographique, dont Saturn 3 sera l’un des derniers représentants.

Une des séquences les plus réussies consiste en une partie d’échec entre le personnage d’Adam (Kirk Douglas), Benson (Harvey Keitel) et Hector le robot. L’idée de rivalité, et de sacrifice du pion, introduisant merveilleusement à la fois le final, mais aussi la psychologie de chacun des personnages. Ainsi en une scène tous les enjeux sont posés, alors que chaque personnage dévoile ce qu’il est et où il va. Il est juste dommage que le reste du film ne soit pas aussi bien écrit et réalisé que de cette scène.

Saturn 3 a pour particularité de voir le réalisateur Stanley Donen se pencher pour la première et unique fois à ce type de films, bien que l’on pourrait considérer que le Petit Prince (1974), tiré du roman d’Antoine de Saint-Exupéry, en fut une première approche. Habitué plutôt aux grosses industries hollywoodiennes - comme le fabuleux «chantons sous la pluie» ou encore le très réussi «Charade» avec Cary Grant - Stanley Donen se montre ici moins inspiré. Sa mise en scène fait preuve d’un certain dynamisme et possède une apparence assez soignée mais elle pèche aussi par quelques maladresses, surtout lorsqu’il s’agit de créer des tentions ou de construire quelques passages se voulant effrayants… comme si le réalisateur lui-même s’était demandé pourquoi il évoluait dans un registre qu’il, de toute évidence, ne portait pas dans son cœur. Et c’est justement un «cœur» qu’il manque à Saturn 3 ! La maîtrise a beau être là, le réalisateur n’y met pas toutes ses tripes de même que son talent, et cela s’en ressent.

On ne peut pas sciemment aborder Saturn 3, sans évoquer son casting hallucinant. En premier lieu, nous retrouvons un Kirk Douglas toujours aussi charismatique et parfaitement en adéquation avec un personnage se questionnant sur son âge et se sentant vieillir, surtout face à son potentiel rival. Plus jeune, Harvey Keitel est déjà à cette époque le parfait représentant du «salaud» au cinéma. Le rôle féminin n’est pas en reste, puisqu’après L'âge de cristal, Farrah Fawcett nous éblouit encore de sa super plastique et de son inoubliable regard. Là encore, face à son casting improbable et charismatique, Saturn 3 mérite le détour.

La conclusion de à propos du Film : Saturn 3 [1980]

Auteur Richard B.
55

Au final, en raison de son casting quatre étoiles, pour son robot charismatique, et parce qu’il possède quelques bons moments, Saturn 3 mérite de s’inscrire dans la liste des films qu’il faut voir, et cela même s’il se cache derrière lui une production certainement opportuniste et manquant quelque peu d’âme. Le film de Sanley Donen est aussi l’un des derniers représentants d’une période et d’un type de cinéma de science-fiction. Puis, bon, la regrettée Farrah Fawcett en petite tenue, ça ne se refuse pas !

On a aimé

  • Le casting,
  • le robot Hector,
  • Farrah Fawcett en petite tenue,
  • la séquence de l'échiquier.

On a moins bien aimé

  • Un film par certains aspects dépassé,
  • une mise en scène manquant d'âme,
  • un aspect opportuniste et trop référentiel.

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