Rencontre avec : Ruggero Deodato
interview de Ruggero Deodato lors du NIFFF 2008
Lors du festival du Nifff 2008, nous avons eu la chance de pouvoir nous entretenir avec Ruggero Deodato, célèbre pour avoir réalisé « Cannibal Holocaust ». Mais cela serait vite oublier que ce film ne représente qu’une parcelle de sa filmographie. Filmographie sur laquelle il est revenu pour nous évoquer ses divers souvenirs.
Pour cet occasion unique, vous pouvez voir l’interview sous format vidéo ou, de façon plus traditionnelle, sous forme textuelle.
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Bonjour Ruggero Deodato, j’ai entendu dire qu’il y avait un nouveau projet autour de « Cannibal Holocaust », pouvez-vous nous en dire plus ?
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En effet, quitte à faire une suite, autant qu’elle apporte quelque chose ?
RD : Ce n’est pas une suite. C’est différent. Il y a toujours un rapport, par exemple j’ai acheté quelques morceaux de « Cannibal Holocaust » pour le mettre dans le film, car cela reste la fixation d’un homme. Donc, c’était nécessaire que je prenne quelque chose de « Cannibal Holocaust ».
Cela permettra peut-être le retour du cinéma italien dans le genre « Horreur » ?
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À une période vous avez utilisé le pseudonyme de « Roger D. Franklin », comme pour « I Predatori di Atlantide ». Pourquoi ? Est-ce pour désavouer certains films ?
RD : Non, je pense que c’est parce que les producteurs avaient peur de m’appeler Ruggero Deodato et cela parce que j’avais fait « Cannibal Holocaust ». À cette époque le film était interdit dans plein de pays. En France on m’a nommé, « Mr Cannibale ». Alors, il était très difficile de donner une « virginité » à Ruggero Deodato à cause de « Cannibal Holocaust ». Je pense que c’est pour ça, car pour moi il n’y avait aucun problème pour signer mes films Ruggero Deodato.
Justement, accepte-t-on facilement de voir son nom changé dans un film que l’on a réalisé ?
RD : Tu sais, « I Predatori di Atlantide » était un film pour imiter « Mad Max », alors pour moi signer Ruggero Deodato ou Roger D. Franklin, c’est la même chose ! Ce n’est pas un film de ma créativité, alors ça me va ! C’est pour manger (rire) !
Je vais vous parler d’un film que j’ai énormément vu jeune, il s’agit des « Barbarians » ! Comment étaient les frères jumeaux sur le tournage ? Étaient-ils aussi « barges » que dans le film ?
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on peut se dire aussi que « Barbarians » vous a permi de changer de style cinématographique ?
RD : Tu sais, j’ai fait aussi beaucoup de commercial et de vidéos clip. Alors, j’ai voulu tourner le film comme un vidéo-clip, comme un trailer ! En fait, sur toute ma carrière c’est le film ou je me suis le plus amusé. Parce que c’était un film avec beaucoup d’argent, le budget était très gros pour un film italien, et je me suis cru vraiment dans un rêve durant tout le film. Puis il y avait tous ces paysages magnifiques. Après il y a eu quelques problèmes, avec par exemple, Peter (Peter Paul) qui s’est un peu tout cassé ou encore, David (David Paul) qui lui s’était cassé la jambe, on a même dû arrêter pendant 15 jours, car il était complètement immobilisé. Mais ce fut vraiment un film amusant à faire jusqu'à la fin !
Dans « les Barbarians » on retrouve l’acteur Richard Lynch avec qui vous aviez déjà travaillé sur « Inferno in diretta ». Pouvez-vous nous parler de votre collaboration ?
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De plus, cela doit être plus facile une fois que l’on connaît l’acteur ?
RD : Bien sûr, quand tu connais l’acteur, il comprend immédiatement ce que tu as à dire. Un grand acteur arrive à te comprendre immédiatement, tu n’as quasiment rien à dire que lui te comprend. Avec Richard Lynch c’était vraiment ça. Quand tu travailles plusieurs jours avec un acteur, c’est vraiment plus facile.
Petite marche en arrière pour revenir sur le « Dernier Monde cannibale » qui est le tout premier film de votre saga sur les cannibales. Est-ce ce dernier qui vous a conduit à faire « Cannibal Hollocaust » ?
RD : Je ne prévois jamais un film après l’autre. Parce que je veux toujours pouvoir changer. « Le Dernier Monde cannibale » je l’avais fait avec beaucoup de plaisir et c’est un film que je trouve très travaillé. Travaillé, parce que je suis allé en Malaisie, qui est une véritable forêt, plus que l’Amazonie et je l’ai vraiment bien fait. Je l’ai revue à la cinémathèque à Paris et je me suis dit que c’était vraiment un bon film. Il faut dire qu’après, partout on m’avait demandé de faire un film dans le même registre, et j’ai répondu « non, je vais changer ! » et après ça j’ai fait « Last Feelings » et après on a mis l’argent dans ma main et on m’a dit « tu dois faire un film sur les cannibales », alors j’ai pensé à « Cannibal Holocaust » et c’est là ou la tétralogie du cannibalisme a commencé.
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Vous avez réalisé un certain nombre de films, et je me suis demandé lequel était celui qui représente pour vous votre plus grande fierté ?
RD : Certainement ne dois-je rien dire de mal sur « Cannibal Holocaust », parce qu’il me donne l’opportunité de voyager à travers le monde et recevoir beaucoup d’hommages. On me demande des autographes que ce soit à San Francisco, Los Angeles, en Europe, ça c’est mon cheval de bataille. Mais j’aime aussi beaucoup « Les Barbarians » , pour moi il reste d’hommage que l’on ne puisse pas faire d’autres « Barbarians » parce que je l’aime beaucoup. Sinon, avant je détesté « La maison au fond du Parc » et maintenant quand je le vois, je me dis : « Ruggero, c’est pas si mal! »
Votre premier film comme réalisateur se nomme « Ursus, il terrore dei kirghisi » et semble avoir été cosigné, pouvez-vous nous en dire plus ?
RD : C’est Antonio Margheriti qui me l’a laissé. En fait, j’étais l’assistant d’Antonio Margheriti, il a commencé le film durant 2 semaines, mais ensuite il m’a dit : « Ruggero, j’ai un contrat sur un autre film et je suis en retard, j’ai un problème, car j’arrive pas à terminer ce film, alors je te laisse ce film ! ». Il m’a laissé le film pour 4 semaines de tournage. Mais c’est lui qui l’a signé !
Finalement, c’est plus un film de lui ou de vous ?
RD : c’est plus un film de moi dans la mesure où j’ai fait 4 semaines et lui que 2. Mais le film est signé sous son nom et il a pris l’argent de metteur en scène et moi d’assistant (il sourit).
Je me rappelle de l’affiche de « Washing Machine » ou l’on voyait quelqu’un coincé dans une machine à laver. Une image assez drôle qui m’avait intrigué à l’époque. Qu’elle souvenir gardez-vous de ce film ?
RD : c’est une histoire que nous avons reprise d’une pièce de théâtre. C’est l’histoire d’un cadavre retrouvé par une famille, des sœurs et on sait jamais qui est le responsable. Un film bien filmé que j’ai tourné à Budapest où j’ai pu instaurer une ambiance thriller. Mais ce film n’est pas encore sorti en Italie, même pas encore en DVD. Un film bien fait avec de bons acteurs, mais avec une histoire peut-être un peu trop confuse.
Merci beaucoup Ruggero !
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Publié le dimanche 27 juillet 2008 à 19h30
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Cannibal Holocaust
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Ruggero Deodato
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