Critique Ouvre les yeux [1998]

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 26 septembre 2007 à 22h26

Attention chef d'oeuvre...

Sorti dans l'anonymat le plus total fin 1998 en France, Ouvre les yeux était pourtant l'un des plus gros succès du cinéma espagnol de tous les temps. Titulaire du Grand Prix du Festival International du Film de Tokyo en 1999, nommé dix fois la même année aux Goya (l'équivalent espagnol des Césars), et ce notamment dans la catégorie "Meilleur Film" et "Meilleur Réalisateur", il n'a finalement connu chez nous qu'une toute petite renommée lors de la sortie de son remake américain, Vanilla Sky, quatre ans plus tard.

Dommage, car le remake, plus connu parce que plus américain (logique !), n'a ni le rythme, ni la classe de son modèle. Et si l'histoire reste sur les grandes lignes la même, le traitement imposé par Alejandro Amenabar n'a absolument rien à envier à sa copie américaine.

Avec ce second long-métrage, Amenabar continue d'explorer cette thématique qui lui est chère de la mort. Après les snuff-movies, mais avant les fantômes et la maladie, il livre ce petit film au script morcelé et à l'ambiance quelque peu Lynchienne, l’histoire de César, un jeune millionnaire de 25 ans enfermé dans une unité psychiatrique carcérale pour meurtre. Lorsqu’un qu’un psychiatre tente de prendre connaissance des circonstances qui l'ont amené à commettre cet homicide, le récit de son patient fait peu à peu apparaître de graves confusions dans sa perception de la réalité.

Le scénario, brillamment co-écrit par Amenabar et son comparse Mateo Gil, fait preuve de nombreuses qualités, la principale étant sa capacité à faciliter l’immersion du spectateur dans le quotidien de César. Ce faisant, il ancre son film dans un train-train très routinier avant d’asséner à son public sa première claque, un “simple” accident de voiture, première pièce d’un puzzle diabolique qui va aller de pire en pire, au gré d’une intrigue tout simplement fascinante. Ce script, parfaitement maîtrisé, sait embrouiller le spectateur – mais sans jamais le perdre - avant de logiquement remettre en place chaque pièce et d’embarquer ainsi son public loin – très loin même – du point de départ du film. Au final, si l'histoire dans sa globalité reste un brin classique pour tout habitué de sf/fantastique, elle tire sa grande originalité de sa construction et de sa mise en scène.

En effet, derrière la caméra, Alejandro Amenabar sait se faire aussi virtuose que devant une feuille de papier. Il réussit ainsi dans son film un véritable télescopage des genres : un soupçon de Hitchcock, une pincée de Lynch, le tout sur des thématiques que n’auraient reniées ni Philip K.Dick, ni William Gibson. Mais là où Lynch, aime perdre son spectateur en route, Amenabar sait intelligemment l’amener là où il le souhaite ; c’est ici que le rôle du psychiatre prend toute son importance : véritable représentation imagée du spectateur, il aide ce dernier à garder un point d’ancrage dans ce monde qui ne lui est plus familier, et, grâce à cette identification plus facile, permet à la scène finale d’acquérir toute la force dramatique qui lui est nécessaire.

​Devant la caméra, Eduardo Noriega transcende son personnage en livrant un jeu d’acteur tout simplement hallucinant, maîtrisant son rôle de sale connard – n’ayons pas peur des mots – du début à la fin. A la fois attirant et repoussant, sympathique et pitoyable, il utilise à bon escient son charisme pour se faire aimer et apprécier du spectateur, et ce en dépit du côté fondamentalement désagréable de son personnage. Autour de lui gravitent quelques seconds rôles bien écrits et solidement interprétés. Seule Penelope Cruz peine à donner corps à son personnage trop cliché – mais nécessaire – de petite amie idéale.

La conclusion de à propos du Film : Ouvre les yeux [1998]

Auteur Vincent L.
90

Brillamment réalisé, Ouvre les yeux s'appuie sur une histoire certes classique dans ses tenants et aboutissants, mais trancendée par un scénario maîtrisé de bout en bout.

On a aimé

  • Eduardo Noriega, tout simplement génial,
  • Une réalisation à la fois intelligente et référencée,
  • La construction de l'histoire.

On a moins bien aimé

  • Un histoire somme toute assez classique.

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