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Critique du film : Don’t Look Up : Déni cosmique [2021], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le mardi 11 janvier 2022 à 09h00

Deep Impact

Quand on pense réchauffement climatique au cinéma, on trouve surtout beaucoup de documentaires souhaitant nous ouvrir les yeux sur un désastre annoncé. Un objectif que peut aussi viser une comédie de science-fiction comme Don’t Look Up : Déni cosmique.

Cette exclusivité Netflix sortie en décembre 2021 pour nos écrans est écrite, produite et réalisée par Adam McKay, un cinéaste américain à la carrière assez particulière. En effet, il s'est d'abord fait connaître en tant que ponte de la comédie américaine avec des œuvres un brin régressives aux côtés de son acteur fétiche Will Ferrell telles que Présentateur Vedette : La Légende de Ron Burgundy, Fangins malgrés eux ou encore le sympathique Very Bad Cops. Ce dernier mettait en avant l'envie de changement de la part de McKay en prenant pour fond des malversations financières l'entraînant sur l'excellent The Big Short : Le Casse du Siècle (2015), film bien plus sérieux centré sur la crise des subprimes de 2007-2008. Après avoir épinglé le monde des finances, il s'en prend ensuite à la politique américaine avec la biographie Vice (2018). Pour son projet suivant, il décide de s'attaquer à la manière dont est traité le changement climatique par les médias et la politique américaine via l'allégorie d'une comète allant percuter la Terre. Un film qu'il produit via sa nouvelle société Hyperobject Industries fondée en 2019. D'abord chapeauté par la Paramount, le projet est finalement vendu à Netflix puis tourné entre fin 2020 et début 2021 avec un budget confortable de 75 millions de dollars et des têtes d'affiche telles que Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence. Pour un succès important lors de la mise en ligne du film fin 2021 puisqu'il serait un des films les plus vu de l'histoire de la plate-forme de streaming.

Le film se déroule de nos jour alors que la doctorante en astronomie Kate Dibiasky (Jennifer Lawrence) découvre une nouvelle comète dans le système solaire. Après avoir averti le Dr. Randall Mindy (Leonardo DiCaprio), astronome confirmé, ils découvrent horrifiés que cette comète d'une dizaine de kilomètres de diamètre va frapper la Terre. Une découverte confirmée par le Dr. Oglethorpe (Rob Morgan), directeur du bureau de défense planétaire qui va les convoquer à Washington afin qu'ils expliquent la situation à la présidente américaine Janie Orlean (Meryl Streep). Malheureusement, ils ne reçoivent pas l'écoute qu'ils espéraient puisque la présidente décide d'adopter une attitude attentiste alors que la comète doit frapper d'ici 6 mois. Les astronomes et Oglethorpe décident de prévenir la presse et se voit invités dans un célèbre TV Show où là encore on ne semble pas les prendre au sérieux entraînant une pétage de câble de Kate. Seul Randall semble être en mesure de pouvoir prévenir l'humanité du danger quand bien même la présidente décide finalement d'agir. En parallèle, l'industriel spécialiste des nouvelles technologies Peter Isherwell (Mark Rylance) s'intéresse de plus en plus à cette comète...

Le scénario de Adam McKay est avant-tout réjouissant tant il tire à boulets rouges sur de nombreux pans de la société américaine. Certes sa parabole du réchauffement climatique à travers cette comète est soulignée à gros traits mais cela est fait avec une telle générosité qu'on le pardonne. Tout y passe à commencer par la présidente vue comme un ersatz de Donald Trump où se mélangent bêtises et calculs politiques ridicules. Les médias en prennent aussi pour leur grade entre l'importance du putaclic ou une bonne humeur forcée via un second degré constant de la part des présentateurs (Cate Blanchett et Tyler Perry) de talk-shows malgré le sérieux des sujets. Mais le plus impactant reste cette charge contre les industriels un bien mégalomaniaques qui ne veulent que s'enrichir malgré des discours d'avancées bénéfiques pour l'humanité. Sans oublier le réel contrôle qu'ils exercent sur une démocratie fragilisée. Difficile de ne pas penser à Jeff Bezos ou Elon Musk quand on voit le personnage interprété par Mark Rylance. Le film insiste donc sur notre incapacité planétaire à faire face à un danger qui nous menace tous pour des raisons économiques, politiques mais aussi simplement par refus de voir la vérité en face (le titre du film renvoi à un slogan luttant contre l'alarmisme des scientifiques). Outre les cibles déjà citées, le film semble s'attaque aussi aux complotistes (on pense aussi aux anti-vax), aux anciennes générations plus égoïstes, aux "experts" qui ne le sont pas, à la hiérarchie de l’info dans les médias, au star system faussement engagé...

Un scénario qui ratisse assez large mais qui réussit toujours à rester digeste malgré la profusion de personnages secondaires. Le mélange d’humour noir satyrique avec une œuvre d'anticipation tirant de plus en plus vers une science-fiction affirmée comme un film catastrophe fonctionne à merveille. On s'attache réellement aux personnages des astronomes qui se retrouvent confrontés à de nombreux murs contre lesquels ils se heurtent avec une violente incrédulité. Une des influences avouée de Adam McKay est Les Dents de la Mer dans le sens où l'autorité communale s'oppose à la réalité pour des intérêts à même de mettre en danger la population qu'elle est censés protéger. Même chose ici mais avec un aspect évidemment planétaire. Cette ambiance de film catastrophe à la Deep Impact ou Armageddon est aussi largement parodiée via un vieil astronaute (Ron Perlman) dont les diatribes « d'une autre génération » sont assez savoureuses. Le film fonctionne ainsi avec des codes que l'on connaît bien et un humour efficace (malgré quelques gags un peu forcés) pour finalement réussir à aussi nous toucher. L'incroyable final du film s'avère aussi beau qu'anxiogène nous marquera durablement. Cela fonctionne aussi grâce à la qualité de la production notamment les effets-spéciaux très efficaces pour mettre en scène la comète et tout ce qui est liés aux tentatives aérospatiales pour l'arrêter.

Adam McKay semble ne plus avoir grand chose à prouver en tant que cinéaste tant ses comédies comme ses films plus sérieux ont été plébiscités à des degrés divers. Sans être un réalisateur de génie, il démontre ses qualités dans sa manière de faire cohabiter autant de personnages avec une grande efficacité. Venant de la comédie, il est évidemment à l'aise dans ce domaine lui permettant de faire vivre comme il se doit chaque dialogue tout en ayant un réel sens du timing qui se retrouve bien dans le montage du film. Il permet surtout d'offrir un excellent cadre à ses comédiens qui s'avèrent réellement bons. A commencer par Jennifer Lawrence (X-Men : Le commencement, Hunger Games...) et Leonardo DiCaprio (Shutter Island, Inception...) en scientifiques complètement en dehors de leur zone de confort qui vont subir de rudes épreuves. A leurs côtés, c'est un festival de seconds rôles portés par des pointures dont évidemment Meryl Streep (La Mort vous va si bien, Promenons-nous dans les bois...) en présidente allumée et couarde ayant pour chef de cabinet son fils, un Jonah Hill (Le Loup de Wall Street, C'est la fin...) toujours aussi génial. Mais on retiendra surtout l'excellente prestation de Mark Rylance (Le Pont des Espions, Le Bon Gros Géant...) dans un rôle pourtant casse-gueule de magnat de l'industrie à la voix fluette et au sourire crispé sachant pourtant se montrer implacablement cruel. On peut aussi citer une Cate Blanchett méconnaissable en présentatrice cynique accompagnée de Tyler Perry, Timothée Chalamet en jeune désœuvré, Ron Perlman en héros de la nation un poil boomer ou Ariana Grande en chanteuse superficielle...

La conclusion de à propos du Film : Don’t Look Up : Déni cosmique [2021]

Auteur Bastien L.
80

Mélange de comédie satyrique et de film de science-fiction/catastrophe, Don't Look Up : Déni Cosmique est une réussite. Une œuvre réjouissante à plus d'un titre qui repeint au vitriol des piliers de la société américaine (voire occidentale) avec un scénario souvent malin ayant pour simple but de rappeler l'essentiel : il faudrait peut-être un peu plus écouter les scientifiques. Le tout est emballé dans un divertissement efficace disposant d'une production solide et d'une mise en scène réussissant à faire vivre de nombreux personnages très bien interprétés par un casting prestigieux.

On a aimé

  • Une satyre très efficace
  • Des acteurs excellents
  • Un final grandiose

On a moins bien aimé

  • Une parabole peu subtile par moments
  • Des sous-intrigues dispensables
  • Des gags un peu forcés

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