Critique Small Soldiers [1998]

Avis critique rédigé par Richard B. le dimanche 3 août 2008 à 22h41

La guerre des jouets

Small Soldiers n’a – hélas- pas fait trop de vagues lors de sa sortie cinéma. Fortement comparé à Gremlins, ce film de Joe Dante fut une échec commercial et surtout un film injustement boudé. Il est temps de réhabiliter cette petite merveille qui, contrairement aux apparences, ne se contente pas d’être un simple spectacle familial !
Le « pitch » de départ est assez simple : le directeur de Globotech, entreprise spécialisée dans l’armement, décide de racheter une industrie du jouet pour diversifier ses activités. Deux anciens concepteurs de chez Heartland sont convoqués pour proposer une nouvelle gamme de jouets. Et c’est à ce moment qu’est imaginé le concept du commando d’élite, mené par le sergent Chip Hazard, et de leurs ennemis les Gorgonites. Construits dans l’idée de réinventer le marché du jouet, ces derniers se voient dotés d’une toute nouvelle puce qui va leur permettre de parler, mais aussi d’interagir avec les futurs acheteurs. Bien entendu les choses vont quelque peu déraper…
En effet, sur le papier, « Small Soldier » a tout du film fait pour vendre des jouets et reprendre le schéma du premier « Gremlins ». Mais croire cela est vite oublier que ce chantier est justement confié au papa des « Gremlins », et que ce dernier ne se contentera jamais de livrer un « simple » Blockbuster. Le réalisateur avait déjà fait preuve d’une véritable audace sur son deuxième « Gremlins » et autant dire qu’avec « Small Soldier » il s’en donne encore à cœur joie, au point de d’égratigner la fibre patriotique de nos confrères américains (ce qui est certainement la raison de l’échec commercial du film).


Sous la caméra de Joe Dante, le commando d’élite devient une caricature du militaire ayant une foi aveugle en les ordres reçus, celui prêt à ne jamais remettre en cause un ordre. D’ailleurs, comment ne pas s’amuser de la scène où le sergent Chip Hazard s’exclame avec en fond de cadre le drapeau américain : « ne vous demandez pas ce que la patrie peut faire pour vous, contentez-vous de regretter de n’avoir qu’une vie, la guerre contre les Gorgonites sera notre triomphe » pour juste ajouter après : « Commando d’élite préparez vous à tirer la première balle ».
Joe Dante et les scénaristes du film ne se contentent pas d’en rester là. À travers le personnage d’Alan Abernathy (le héros), ils s’attaquent à la crédulité américaine et ils nous le prouvent notamment lorsqu’un Gorgonite, nommé Archer, lui demande ce qu’il y a au-delà de la fenêtre, et que le jeune homme lui parle de la chambre de sa copine, du supermarché, des champs de blé,.. pour enfin avouer qu’il ne sait pas ce qu’il y a plus loin. De plus, le réalisateur titille encore l’archétype de l’adolescent type au cours d’un petit clin d’œil « Spice girls » avec la mère de famille qui lance à voix haute : « La guerre psychologique c’est vraiment l’enfer ! (ce groupe était l’un des plus populaires en 1998).

Dans la tradition pure d’un film de Joe Dante, on ne peut ignorer sa cinéphilie avec, entre autres, des références à « Frankenstein » et « La Fiancée de Frankenstein ». On retrouve aussi ici quelques fidèles du réalisateur, comme Robert Picardo dans le rôle du scientifique qui à créé la fameuse puce militaire ou bien encore Dick Miller en livreur de jouets. À noter aussi la présence de Belinda Balaski, autre fidèle de Joe Dante, et cela depuis Piranha. Dans les fidèles « hors interprétation » on pourra aussi parler de Jerry Goldsmith qui compose une musique énergétique n’hésitant pas à utiliser quelques pièces de classiques comme « la chevauchée des Walkyries» de Wagner, certainement en hommage à « Apocalypse now ».
Mais ces aspects-là ne sont qu’une partie (certes une grosse partie) de la réussite artistique du film. L’autre aspect, largement positif, se situe dans les jouets eux-mêmes. Il est impossible dans le film de reconnaître les composantes « animatronics » du génial Stan Winston et celles numériques, créées par ILM. Les effets spéciaux sont tous simplement stupéfiants de réalisme et surtout ils ne cherchent jamais à en faire plus qu’il n’en faut. Le but était de donner vie à ses jouets en utilisant aux mieux chaque technologie et c’est ce qui se passe, sous nos yeux ébahis par la qualité du rendu.

La conclusion de à propos du Film : Small Soldiers [1998]

Auteur Richard B.
80

« Small Soldiers » est un film bien trop souvent sous-estimé et qui mériterait grandement d’être réévalué. Le film porte indéniablement la patte de son réalisateur qui, une fois encore, marie avec talent divertissement et satire sociale. À noter aussi des effets spéciaux d’un incroyable réalisme !

On a aimé

  • Le petit monde de Joe Dante
  • Les effets spéciaux
  • La musique de Goldsmith
  • Les multiples références cachées
  • Un casting 4 étoiles

On a moins bien aimé

  • La confrontation finale assez classique

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