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Critique du film : Métropolis [1927], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le mardi 14 juillet 2020 à 09h00

Une oeuvre incontournable

Critique de la version restaurée de 2010 avec la musique originale réenregistrée.

Véritable film culte à plus d'un titre, Métropolis est aussi considéré comme un des premiers grands classiques de la science-fiction aun cinéma. Une œuvre majestueuse dont la production comme son contenu sont tout aussi passionnants à décortiquer. Un film faisant autant l'Histoire de notre genre préférée que celle du cinéma.

L'Allemagne de l'entre-deux-guerres fut le berceau de bouleversements artistiques majeurs dont le cinéma fut un fer de lance à travers l'expressionnisme. Ce courant artistique se définit, gobalement, par des déformations voulues de la réalité pour en appeler plus aux sentiments des spectateurs qu'à leur raison. Ce qui explique aussi sa proximité avec les genres de la science-fiction, du fantastique ou de l'horreur. Un courant magnifié par le cinéma allemand grâce à des figures telles que Friedrich W. Murnau ou Fritz Lang. Ce dernier est un réalisateur de films muets plébiscité dans son Allemagne natale dans les années 1920 enchaînant des succès tels que Les trois lumières, Docteur Mabuse le joueur ou des adaptations de L'Anneau des Nibelungen (dont La mort de Siegfried et La vengeance de Kriemhild). C'est en 1926 qu'il mit en branle son nouveau projet basé sur un livre écrit pas sa femme Thea von Harbou qu'elle rédigea dans l'idée de l'adapter : Metropolis. Une œuvre inspirée de la science-fiction d'Herbert George Wells mais aussi du Frankenstein de Mary Shelley comme du contexte politique d'alors. Celui de la République allemande de Weimar née de la Première Guerre mondiale et des idéologies libérales comme socialistes des sociétés industrielles.

Ce projet fut ainsi très ambitieux pour l'époque prenant des allures de superproduction avec un budget très important. Désireux d'offrir aux spectateurs une cité futuriste sans précédant, le studio allemand UFA, avec l'inévitable Erich Pommer en tant que producteur, soutient le projet de Fritz Lang qui s'entoure d'une équipe technique expérimentée, en plus de sa femme, avec le directeur de photographie Karl Freund et surtout du spécialiste des effets spéciaux Eugen Schüfftan qui alla révolutionner des techniques alors assez balbutiantes. Côté casting, Lang fait confiance à deux débutants dans les rôles titres puisqu'il s'agit du premier vrai rôle de Gustav Fröhlich comme de la première apparition de Brigitte Helm à l'écran. Pour les entourer, le réalisateur fait quand même appel aux plus expérimentés Alfred Abel (véritable acteur populaire du cinéma muet allemand) et Rudolf Klein-Rogge (fidèle de Fritz Lang). Le tournage fut compliqué entre des dépassements de budgets, une durée exceptionnelle de un an de prises de vue comme l’exigence sans borne de Fritz Lang qui se révéla éprouvante pour le casting... La suite fut aussi désastreuse que miraculeuse : l'échec public est retentissant et le film trouva de drôles de défenseurs puisque Hitler et le parti nazi adorèrent un film que Fritz Lang dû longtemps renier... Il faut aussi dire que Thea von Harbou avaient de réelles sympathies pour l'idéologie nazie. Le long-métrage devint ensuite culte après la Seconde Guerre mondiale même si il fut à jamais incomplet du fait de scènes coupées l'année de sa sortie et de la perte de copies en bon état. Jusqu'à 2008 où une bobine fut retrouvée en Argentine disposant du premier montage de Lang. Malgré son très mauvais état, le film fut remonté et on considère qu'il correspond aujourd'hui à 95% de ce qu'il était en 1927...

Le film se déroule dans un futur lointain dans la cité de Metropolis qui est divisée en deux entre les nantis industriels vivant dans des grattes-ciels gigantesques et les ouvriers dans une cité souterraine. Les premiers vivent grâce aux efforts des seconds qui se tuent littéralement à la tâche pour une vie de misère contrôlée par le maître de la cité, l'impitoyable Joh Fredersen (Alfred Abel). Son fils Freder (Gustav Fröhlich)  fait alors la rencontre de la jeune Maria (Brigitte Helm) qui arrive à lui montrer les inégalités importantes qui existent entre les deux parties de Metropolis. Freder, alors épris de Maria, provoque la colère de son père qui ne connaît que trop bien l'esprit de révolte qui habite bon nombre d'ouvriers. Après avoir découvert des indices concernant leur organisation, il rend visite au savant Rotwang (Rudolf Klein-Rogge) qui lui montre sa dernière création : un robot à qui il souhaite donner l'apparence de sa bien-aimée qui l'avait quittée pour Joh avant de mourrir en donnant naissance à Freder. Mais Joh le persuade de donner l'apparence de Maria au robot afin de semer la discorde dans les rangs des ouvriers et récupérer son fils. Ce dernier s'enfonce plus profondément dans la cité des ouvriers et comprend que les choses doivent impérativement changer.

Film muet en noir et blanc de 2h30 avec quelques morceaux manquants, Métropolis n'est à priori pas le film le plus vendeur pour nos générations actuelles. Pourtant ça serait passer à côté d'un véritable coup de force cinématographique dont on comprend rapidement le statut de film culte. A commencer par son scénario qui apparaît assez simple dans son déroulement mais qui est au service de réflexions riches et réfléchies sur de nombreux thèmes. L'histoire est donc simple à suivre et on s'émerveille encore une fois de voir ce que l'image sait faire passer sans le son (via l'aide de la musique il est vrai) avec une narration s'avérant fluide pour proposer ce qui devait être vécu comme un grand spectacle : des décors somptueux, des effets spéciaux impressionnants, une romance impossible, des rebondissements, une bonne dose d'action et une fin riche en suspense... Le tout avec des personnages attachants et des méchants détestables mais loin d'être creux. On en viendrait presque à décrire Métropolis comme un blockbuster allemand de 1927 mais il ne faudrait pas que les puristes grincent des dents... Pour ce qui est du genre qui nous intéresse ici, on sent vraiment les influences d'une science-fiction à l'ancienne dont H. G. Wells cité plus haut avec sa Machine à explorer le temps mais aussi Frankenstein dans la création du robot nommé "être-machine". Enfin, le final fait furieusement penser au Bossu de Notre-Dame de Victor Hugo.

Mais l'inspiration la plus évidente sont les écrits sacrés judéo-chrétiens, cités dans le film, qui imprègnent le film avec des références comme la tour de Babel, la grande prostituée de Babylone, les sept péchés capitaux ou une sorte de figure christique. Cette influence religieuse est parfaitement intégrée dans une histoire qui parle surtout de la lutte des classes, de la fracture sociale d'une cité du progrès laissant sur le carreau beaucoup de ses enfants mais aussi de la révolution du prolétariat dans le contexte des années 1920 évidemment marqué par l'URSS de Staline, les suites de la Première Guerre mondiale (Maria et Freder sont clairement pacifistes) et de la montée des extrêmes en Europe. Critiqué pour une certaine naïveté, le film est certes manichéen sur la cause ouvrière face aux industriels mais à l'avantage de ne pas l'être quand il dépeint une révolution ouvrière et relève finalement d'un optimisme qui sera balayé dans la décennie suivante en Europe... Mais la grande force du scénario est de réussir à avoir des thématiques très riches sans jamais que cela n'empiète sur l'histoire. Réflexions et narrations se mélangent parfaitement pour que le divertissement sois aussi digeste qu'intelligent. On peut néanmoins y trouver quelques longueurs.

Le véritable regret que l'on peut avoir en tant qu'amateur de science-fiction est que la problématique liée à l'apparition d'un robot n'en soit pas vraiment une et qu'on se concentre finalement seulement sur la forme qu'il a et non ce qu'il représente. Malgré ce regret, on reste ébahi devant ce film de science-fiction sublime de 1927 à commencer par la Metropolis du titre. Même si nos grandes TV HD atténuent la puissance des trucages par leur netteté, on apprécie cette cité futuriste venue du passé avec des immeubles grandioses reliées par des routes aérienne baignées de lumières aveuglantes. Les usines gigantesques et la cité souterraine ne sont pas en reste. Les effets spéciaux liés au robot comme sa transformation en Maria sont sublimes avec des techniques complexes pour l'époque ayant révélé le travail de Schüfftan notamment en ce qui concerne l'incrustation d'acteurs dans des décors miniatures avec un système de miroirs. Enfin la direction artistique de la ville comme du robot sont tellement sublimes qu'elle en devient iconique et a inspiré tout un pan de notre pop culture actuelle. Metropolis est le genre de film que l'on connaît sans jamais l'avoir vu. La marque des films cultes en somme. Enfin, le spectaculaire est véritablement de mise avec les scènes de révoltes mettant en avant un nombre impressionnant de figurants mais aussi celles de l’inondation assez impressionnantes. Enfin, la musique a certes un peu vieilli mais elle accompagne magnifiquement l'action. On reconnaît même des notes de notre bonne vieille Marseillaise pendant les scènes de révoltes...

Pour ce qui est de la mise en scène de Fritz Lang, elle s'avère grandiose quand bien même il reste difficile de la juger complètement car des bouts de film manquent à l'appel et que les images retrouvées en Argentine étaient dans un tel état de dégradation qu'il a été impossible de les restaurer complètement. Cela n'empêche pas de profiter de la démesure du travail de Lang qui gère parfaitement cette production avec un grand sens du rythme (avec un montage parfois rapide) tout en sachant magnifier des scènes plus posées. On retiendra évidemment son jeu sur les ombres et lumières qui firent la renommée du cinéma expressionniste allemand comme ces séquences hallucinées où les pensées de Freder symbolisent des situations du film. Enfin, Lang propose une tension et un sens du suspense parfaits lors des scènes de révolte comme d'inondation. Pour ce qui est du jeu des acteurs, il est évidemment daté et le public actuel y verra forcément un certain surjeu notamment dans l'interprétation de Gustav Fröhlich qui extériorise complètement la révolution intérieure de Freder. On retiendra finalement plus la solide interprétation de Rudolf Klein-Rogge (Docteur Mabuse le joueur, La mort de Siegfried...) en savant fou ou de Alfred Abel (Docteur Mabuse le joueur) qui démontre bien l'évolution drastique du personnage de Joh Fredersen. Mais la véritable star reste incontestablement Brigitte Helm qui est parfaite quand il s'agit d'offrir deux personnalités complètement différentes avec le même visage.

La conclusion de à propos du Film : Métropolis [1927]

Auteur Bastien L.
88

Metropolis est sans conteste une des première grande œuvre majeure de la science-fiction au cinéma. Un film au statut culte largement justifié par un scénario offrant autant de divertissement que de réflexions. Le tout mis en valeur par un Fritz Lang très inspiré et peut-être trop en avance sur son temps. On retiendra surtout une direction artistique comme des effets spéciaux à couper le souffle qui ont fait rêver de nombreux spectateurs et artistes jusqu'à laisser une empreinte indélébile dans notre pop culture comme dans le cœur des cinéphiles. Et cela n'est pas prêt de s'arrêter.

On a aimé

  • Un scénario aussi prenant que profond
  • Direction artistique et effets spéciaux sublimes
  • Le génie de Fritz Lang

On a moins bien aimé

  • Un robot dont on oublie bien vite qu'il en est un
  • Quelques longueurs
  • Des thématiques pouvant être affiliées au nazisme
     

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