Critique la forteresse du cauchemar #25 [1987]

Avis critique rédigé par Vincent L. le samedi 13 juillet 2019 à 14h00

La maison de la sorcière...

Succéder au cultissime La créature venue du chaos n'était pas chose aisée. C'est ce qui est arrivé à Peter Darvill-Evans qui, avec son premier LDVELH, a eu la lourde tâche d'arriver juste après le chef d'oeuvre de Steve Jackson. Je n'avais jamais fait ce livre enfant car, pour être honnête, la couverture ne me faisait pas du tout envie. Elle n'est certes pas hideuse, loin de là, mais je trouvais - et trouve toujours - qu'elle manque de personnalité. De même, la quatrième de couverture vendait une histoire affreusement banale où l'on allait devoir se taper un bon vieux donjon pour faire passe de vie à trepas un méchant sorcier. Vous l'imaginez, c'est donc avec un enthousiasme plus que mitigé que j'ai commencé la lecture... et la surprise n'en a été que meilleure, car La forteresse du cauchemar s'est finalement avéré être un excellent Défis Fantastiques.

Dans le fond, il s'agit pourtant d'un LDVELH comme il en existe des dizaines : on va mener une rapide enquête qui va nous conduire dans les couloirs d'une forteresse où on va affronter des monstres et, au final, on va combattre un méchant sorcier très fou. Rien de nouveau sous le soleil, donc. L'originalité de ce livre, ce qui va lui donner tout son intérêt, c'est sa forme. En effet, en lieu et place de l'aventure médiévale-fantastique traditionnelle, le récit de La forteresse du cauchemar est structuré comme un véritable film d'horreur, une première depuis Le manoir de l'enfer. L'aventurier que nous interprétons n'est donc pas simplement une machine à tuer sans âme, les diverses rencontres pouvant également amenuiser sa santé mentale (d'où la création d'une nouvelle règle autour de la volonté, qui permet de gérer cet aspect). C'est très plaisant !

Le tout est transcendé par une écriture impeccable. Pour son premier essai, Peter Darvill-Evans parvient à convaincre de bout en bout. Étant donné le style médiocre de la majorité des auteurs qui sont venus seconder Steve Jackson et Ian Livingstone (du moyen Steve Jackson aux catastrophiques Andrew Chapman et Robin Waterfield), la surprise n'en est que meilleure. L'ambiance dans laquelle baigne l'aventure lui donne un cachet unique qui va chercher du côté de Howard Phillips Lovecraft et des monstres tentaculaires du Mythe de Cthulhu. Dommage que les illustrations, qui vont du tout juste correct au franchement très moche en passant par le foutage de gueule pur et simple, ne mettent pas ce travail en valeur. La première partie du livre - malheureusement la plus courte - est ainsi d'une efficacité redoutable. La suite, dans la dite forteresse, n'en demeure pas moins honorable, même si beaucoup plus classique.

On notera que tout cela est d'autant plus réjouissant que, une fois n'est pas coutume, la difficulté est correctement dosée. Certes, il y a un chemin beaucoup plus facile que les autres pour terminer, mais il n'empêche que l'on peut aboutir à la fin de plusieurs façons. Certes, il y a beaucoup de façons de mourir, mais un peu de jugeote permet d'en éviter une grande partie. Certes, le boss de fin est affreusement fort, mais bon, c'est le boss de fin, et les créatures croisées avant étaient tout à fait à notre portée sans que l'on soit obligé de tricher comme des porcs. Après s'être arraché les cheveux sur La créature venue du chaos, ce soin apporté au game design fait beaucoup de bien. Comme quoi on peut passer un bon moment sans crever tous les cinq paragraphes !

La conclusion de à propos du Livre-jeu : la forteresse du cauchemar #25 [1987]

Auteur Vincent L.
80

Si La forteresse du cauchemar ne raconte rien de très original, on ne peut lui retirer le fait qu'elle le raconte tout de même très bien. Ainsi, en lieu et place du donjon attendu, on se retrouve embarqué dans une aventures aux relents de films d'horreur. Un travail de forme intéressant qui, couplé à une difficulté bien équilibrée, aboutit à l'un des Défis Fantastiques les plus sympathiques.

On a aimé

  • Un livre bien écrit, doté d'une excellente ambiance,
  • Un traitement "horreur" qui change du commun des LDVELH,
  • Plusieurs choix pour arriver au bout,
  • Une difficulté bien dosée (pour une fois !),
  • Tous ces petits trucs qui rappellent Lovecraft.

On a moins bien aimé

  • Sur le fond, ce n'est pas très original,
  • Les illustrations, très inégales.

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